Oh toi, mon blog abandonné, non, je ne t’ai pas oublié. Non, moi non plus je n’ai pas changé, je suis toujours…euh…cet étranger qui… Et je reviens vers toi en ces jours sombres et torturés (en réalité, il fait plutôt bon aujourd’hui mais un peu de lyrisme ne fait pas de mal parfois)
Je viens en Paix !
Et moi qui avais promis de te nourrir chaque semaines, de mes planches de BD par centaines, et de mes savoureuses boutades. Encore un échec ! Quel naïf je fus ! Et le peuple est las de mes promesses non tenues, d‘homme politique corrompu. Une fréquentation en berne. Un contenu en friche. Un design anxiogène.
Quel malheur, quel désespoir. Arriverais-je un jour à tenir un rythme régulier ? Ce blog mérite t’il le peu d’amour que je lui porte (au point ou j’en suis, faut bien s’accrocher à quelque chose ) tant il est vide ? Je ne le crois pas mais, on peut toujours espérer. Et comme son amélioration ne tiens qu’a moi, c’est à moi -et moi seul- d’instaurer le changement, pour qu’il redevienne, comme à « l’age d’or » : subversif et tendancieux, bordelique et humoristique. Ce blog mérite une dignité.
Mon erreur la plus fatale est peut-être le fait d’avoir trop voulu chercher à faire quelque chose de cadré cette fois ci, à mon arrivé sur WordPress. En effet, quel folie ! Pourquoi pas ranger une chambre tant qu’on y est ? Ou faire son lit tout les jours ? Utopie ! Un blog bien rangé, un lit fait, la paix universelle, ça n’existe que dans les romans de SF. Et si j’aime la science fiction, c’est justement plus pour son coté fiction que son coté science.
Mais impossible de revenir comme à mes débuts pour autant. Ma situation à changé. Je ne suis plus exploité par des dirigeants mégalomanes, sous l’oeil complice de l’éducation nationale, comme autrefois. C’était certes éprouvant, mais au moins, ça me donnait de la matière à critiquer. Tel Michael Scofield de la série télévisée Prison Break, j’ai réussi à m’échapper de cette prison il y a de ça deux ans avec quelques complices. Depuis, la cavale.
C’est dingue ce que ce type me ressemble…en moins beau, bien sur
Traqué, je vis désormais en marge de la société: dans la crainte de voir, par exemple, débarquer un Terminator arrivé du futur pour m‘abattre. Ou alors je suis en marge parce que je suis très mauvais dans mes perspectives d’avenir. Mais l’idée du robot exterminateur est plus cool je trouve. Je migre de facs en facs, rencontrant toujours plus d’étudiants. Ces êtres fantastiques. Qu’il soient Français ou chinois, l’étudiant est une espèce étonnante, fascinant à étudier. Et les matières dans tout cela. Creuses.
Il est toujours amusant de constater que tout ce système universitaire est en fait basé sur du vide. L’apologie du vide, c’est certes une démarche « artistique » mais ça coûte beaucoup d’argent, pour pas grand-chose. Les cours sont vides, les classes sont vides, les perspectives d’avenir sont vides ! Si mes copies sont mauvaises, c’est parce que j’y met parfois, des échantillons d’intelligence. Comme le prof ne comprends pas le concept, forcément, ça provoque en lui un malaise, et comme tous les êtres vides, il note avec du vide: par le chiffre Zéro.
C’est pas comme ça que devais se passer, ma fin de jeunesse. Ou sont les filles en bikini par centaines (soyons fous) se prélassant sur mon corps d’athlète slovaque ? Ou est la villa à la Scarface que je m’étais promis d’acquérir avant mon 19éme printemps ? Ou est ma porche Carrera ZX édition Marbre Blanc ? Ou est mon armée privée de clones de chuck norris ? Ou est ma réussite, à faire à faire rougir les lunettes de Michou ? Rien ! Rien du tout, les super saïans évoluent, passent à une étape supérieure. Même les Pokémons évoluent Pas moi ! Je suis bloqué au niveau 1 de mon existance, et je ne cumule pas assez d’expérience pour passer au niveau supérieur (il parait qu’au niveau 2, on peut conduire une monture en plus)
Alors, après je vois tous mes amis tolards, ceux qui se sont aussi échappés du lycée pénitentiaire de « Dick Rivers » avec moi. (« Fox River » est une appellation contrôlé, mince) Et pour eux, c’est la « succès story » ! La plupart sont partit s’installer dans la plus belle ville du monde ! Paris. Alors, après on me dit « oui, c’est pas si jolie que ça Paris, c’est pas si bien que ça ». Ah ah, foutaises ! J’ai vu Ratatouille en Dvd et la capitale m’a l’air superbe. J’imagine bien leurs quotidien: manger chez un bon petit plat chez Gusteau, se promener sur les bords de la scène en chantant du Piaf (c’est-à-dire « cuit cuit cuit » ), aller jeter des cacahuettes à Quasimodo , prés de Notre Dame de Paris, rire avec le mime marceau…
Aahhh, Paris -soupir-.
Et leurs nouvelles affectations sont pas mal et les promettent à un avenir radieux. Beaucoup on choisi le secteur de l’arnaque. C’est vrai que c’est bien l’arnaque. Ça rapporte gros. Et ça demande une lourde expérience du bluff (un peu comme au Poker en fait, mais sans les hôtesses)
En fait c’est eux qui vous ferons acheter tout les trucs que vous n’avez pas besoin aujourd’hui et qui vous sera indispensable demain. Genre le dernière lessive « Grütt » qui enlève même les taches de tripes de porc, ou le nouveau piége à loup d’appartement, « pour un monde plus sûr » (sauf si vous aviez oublié que vous l‘avez installé sur la palier). C’est eux qui dessinerons aussi vos meubles, vos consoles de jeux, vos couteaux, vos bagnoles, vos sex-toys (bah oui, il faut bien quelqu’un pour les faire, choisir la couleur, tout ça).
D’ailleurs pour ce dernier point, j’imagine combien cela doit être cocasse dans les studios de création : « Salut, je suis Mathieu, je suis designer, j’ai des lunettes branchés et je dessine des phallus toute la journée ». Un métier face à des contraintes drastiques: « comment ça, pas ergonomique ? Je croyait que vous l’aviez testé ? Et votre gland, vous le voulez de quelle couleur , Rose guimauve ou translucide ? ». Même les grands noms pourraient bosser dans le secteur: « Voyez madame, c’est excellent modèle XXL signé Starck, en forme de presse agrume »
Starck, le roi du bon gôut, comme en témoigne ce presse-agrumes.
Enfin, au moins, ils ont du boulot. Comme les designers qui bossent sur les packaging de la marque Leclerc « Eco + » ou ceux qui dessinent les motifs des chaussettes, leurs travaux restent encore trop peu connu au yeux du grand public. C’est dommage. Enfin, moi je n’y connais pas grand-chose question design. Cela dit, une chose est sur, je pourrais faire de la déco d’intérieur: j’ai vu une émission l’autre soir avec une ptite grosse, sur M6. Le concept est simple: balancer tous les trucs moisis des gens à la poubelle, et tout racheter ensuite chez Ikea. Malin.
Moi je prends: j’me teint en blonde, et hop, ça y est, je peu faire de la déco. T’aime le foot. Ok je vais te coller un ballon de foot gêant en PVC sur ton mur, et je met des couleurs vertes. Une nouvelle cuisine. Allo Hygénia ? Salon trop moche. Bah on le repeint en jaune, on met trois cousins assorti chez cash converts et une lumière « originale » près du Full HD et hop. Mais le plus facile, c’est quand même ceux qui s’occupent de vendre des maisons. Toujours sur M6. C’est fascinant.
Si ta pas de boulot, tu fait ça. C’est simple, il suffit de retenir une phrase. En rentrant chez le pauvre type qui veut revendre son taudis, tu dis: « Oula cette pièce est trop saturé, on vas la rendre plus neutre » C’est-à-dire ? « Ben, blanc » . «Oula, faut des tons plus neutres dans cette cuisine, faut que le futur acheteur puisse se projeter dans la salle » Ah d’accord, pas de problème on fait quoi alors. « Ben on repeint en blanc ». En fait, si vous ne le savez pas: Neutre=blanc. Mais ça fait mieux de dire neutre, ça fait plus pro. Et ça justifie le salaire, surtout.
“Salut, c’est Marc ! Tu préfère bosser pour moi ou designer des chaussettes ?”
Enfin, bref, tout ça pour vous dire que moi, je me retrouve une fois de plus comme un miséreux. Tandis que mes anciens potes présenterons des émissions tv ou bosserons pour les produits dérivés de Marc Dorcel (un peu comme Georges Lucas et ses figurines, mais sans la magie) . « Et ça suce » , comme disent nos collègues américains: « It’s sucks », ça craint.
Bon je vous laisse, je vais aller pleurer sur mon sort pendant que vous pleurez de bonheur. Peut être qu’un jour, moi aussi j’aurais la chance d’avoir une véritable perspective d’avenir qui m’ouvrira les portes vers de nombreux horizons, comme écrire dans un torchon de gauche, ou raconter des conneries sur ce que je ne connais que trop peu (genre LCI et la polémique GTA). Peut être que mon avenir se terminera brusquement sous un 33 tonnes tout à l’heure, en traversant la rue. Peut être.




















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